Les dépenses de défense européennes en 2024 ont atteint environ 420 milliards d'euros dans tous les États membres européens de l'OTAN. Cela représente la quatrième année consécutive de croissance réelle et la première année où la majorité des membres européens de l'OTAN a atteint ou dépassé l'objectif de dépenses de 2% du PIB. La trajectoire est significative non seulement pour les chiffres absolus, mais pour son caractère structurel : il ne s'agit pas d'une flambée de dépenses ponctuelle, mais d'une réorientation stratégique durable qui stimulera les investissements dans les technologies de défense pendant au moins une décennie.
Pour les fournisseurs de logiciels, la question pertinente n'est pas le chiffre total des dépenses de défense, mais la part qui afflue vers les logiciels, les services et la technologie — et en particulier, quels segments logiciels connaissent la croissance la plus rapide.
Tendances des dépenses de défense de l'OTAN : au-delà de l'objectif de 2%
L'objectif de dépenses de l'OTAN de 2% du PIB, longtemps critiqué comme un repère que peu de membres européens atteignaient, est substantiellement dépassé ou atteint par une majorité croissante d'alliés. En 2024, l'OTAN a rapporté que 23 des 32 nations membres ont atteint l'objectif de 2%, contre 11 en 2023 et 6 en 2020. La Pologne s'est engagée à 4% du PIB, les États baltes investissent à 3–3,5% du PIB, et le fonds spécial de défense allemand de 100 milliards d'euros a créé un engagement structurel à des dépenses plus élevées.
Répartition logiciel vs matériel : où la part logicielle croît
Les programmes de prolongation de la durée de vie des plateformes remplacent les mises à niveau matérielles par des mises à niveau logicielles. Plutôt que d'acheter de nouvelles plateformes, plusieurs nations européennes prolongent la durée de vie des plateformes existantes via des mises à niveau de capacités définies par logiciel.
La modernisation C2 et ISR représente presque entièrement des dépenses logicielles. Les programmes qui stimulent les investissements européens en C2 — le programme D-LBO de la Bundeswehr, le Project MORPHEUS britannique, l'initiative SCORPION française — concernent principalement l'architecture logicielle.
La cybersécurité est un segment logiciel à croissance rapide qui n'avait pas de ligne budgétaire significative dans la plupart des ministères de défense européens avant 2020. Plusieurs nations ont établi des commandements cybermilitaires dédiés avec des budgets d'approvisionnement associés.
Observation clé : Les analystes du secteur estiment systématiquement que les logiciels et services représentent 25–35% des coûts totaux des programmes de défense et que cette part croît d'environ 2–3 points de pourcentage par an. Dans un marché de défense européen de 420 milliards d'euros, cela se traduit par un marché logiciel et services de 105–150 milliards d'euros annuellement.
Segments clés : C2, cybersécurité, simulation, logistique
Le logiciel de commandement et contrôle est le plus grand segment logiciel unique dans la défense européenne. Les fournisseurs disposant d'architectures C2 conformes aux FMN de l'OTAN et de capacités de soutien à la décision par IA sont bien positionnés dans ce segment.
La cybersécurité est le segment logiciel à la croissance la plus rapide en pourcentage. Les principaux domaines de demande : systèmes SIEM adaptés aux environnements réseau militaires, cyber-ranges pour la formation du personnel cyber militaire, et systèmes d'évaluation automatisée des vulnérabilités.
Le logiciel de simulation et formation voit des investissements significatifs alors que les nations cherchent à augmenter le débit de formation sans augmentation proportionnelle des coûts de formation en conditions réelles.
Le logiciel logistique de défense a attiré l'attention après les échecs de stockage de munitions révélés par le conflit ukrainien. Plusieurs nations ont accéléré leurs investissements dans les outils de visibilité de la chaîne d'approvisionnement, les systèmes de gestion des munitions et les logiciels de gestion de la maintenance.
Programmes d'approvisionnement avec budgets connus
Le D-LBO de la Bundeswehr est le programme de numérisation des forces terrestres avec un investissement total estimé de 2–3 milliards d'euros, couvrant les logiciels C2, les systèmes du combattant et les systèmes de réseau véhicule.
Le programme SCORPION français est le programme de numérisation du combat de l'Armée française avec un budget total d'environ 8 milliards d'euros, en phase principale d'acquisition et générant des opportunités de sous-traitance en logiciels C2.
Le UK Project MORPHEUS est le programme de modernisation des communications tactiques de l'Armée britannique avec une valeur estimée de 1,5–2 milliards de livres, générant des opportunités logicielles en gestion des communications et surveillance réseau.